

15 AVRIL 2026
Déclaration de revenus 2026 : ce qui change, ce qu'on oublie, et comment ne pas passer à côté
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LA CONCLUSION ?
La déclaration d'impôts, c'est souvent l'occasion de réaliser que des optimisations auraient pu être mise en place — un versement PER trop tardif, un reçu fiscal égaré etc. La plupart de ces points se règlent en amont, pas en avril de l’année suivante.
Si votre situation a évolué cette année ou si vous avez un doute sur l'un des points abordés dans cet article, nous sommes disponibles pour en parler.
Le vrai levier oublié : agir avant le 31 décembre, pas en avril
La majorité des optimisations fiscales ne se déclenchent pas en avril — elles se préparent avant la fin de l'année précédente. Un versement sur un Plan Epargne Retraite, un don ou une solution de défiscalisation : tout cela doit être fait avant le 31 décembre de l’année précédente pour avoir un effet sur la déclaration suivante. En avril, on ne fait que constater. Il est important d’anticiper et d’agir en amont.

Propriétaires bailleurs et détenteurs de SCPI : les erreurs qui se paient cher
Micro-foncier ou régime réel : avez-vous fait le bon choix ?
En dessous de 15 000 € de revenus fonciers annuels, le régime micro-foncier s'applique par défaut avec un abattement forfaitaire de 30 %. C'est simple — mais pas toujours optimal. Si vos charges réelles (intérêts d'emprunt, travaux, taxe foncière, frais de gestion) représentent plus de 30 % de vos loyers, l'option pour le régime réel est plus avantageuse. Cette option est valable trois ans et engage l'ensemble de vos biens en location nue. Un calcul rapide peut faire une différence significative sur votre imposition.
Cependant, si votre unique source de revenus fonciers provient des parts de SCPI, vous ne pouvez pas opter pour le régime du micro-foncier. Même en respectant le seuil de 15.000€ par an il n’est pas possible de choisir le micro-foncier si vous n’avez pas d’autres biens immobiliers en location.
Revenus fonciers en régime réel : toutes les charges sont déductibles
Si vous êtes en régime réel, toutes les charges sont déductibles : intérêts d'emprunt, taxe foncière, assurance, frais de gestion, travaux d'entretien et de réparation. L'erreur la plus fréquente : oublier des charges, ou mal ventiler entre travaux déductibles (entretien, réparation) et travaux non déductibles (construction, agrandissement).
Le déficit foncier — un levier puissant et sous-utilisé
Si vos charges dépassent vos revenus fonciers, le déficit s'impute sur votre revenu global jusqu'à 10 700 €/an. Pour les travaux de rénovation énergétique sur des biens classés DPE E, F ou G — à condition que les travaux permettent de passer en classe A, B, C ou D — ce plafond est relevé à 21 400 €, dispositif prolongé jusqu'en 2027. Très efficace pour les tranches marginales à 30 % et 41 %, et souvent ignoré des propriétaires qui gèrent seuls leur bien.
LMNP : un régime puissant, souvent mal déclaré
Le statut de Loueur Meublé Non Professionnel génère des revenus relevant des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) — et non des revenus fonciers. C'est une distinction fondamentale que beaucoup de contribuables ignorent, et qui entraîne des erreurs de cases lors de la déclaration.
En micro-BIC, un abattement forfaitaire de 50 % s'applique sur les recettes (30 % pour les meublés de tourisme depuis les récentes évolutions législatives). Mais c'est le régime réel qui révèle tout l'intérêt du LMNP : en plus de la déduction des charges courantes, il permet l'amortissement comptable du bien et du mobilier — ce qui efface fiscalement une grande partie des revenus locatifs pendant de nombreuses années. Résultat : beaucoup de LMNP au régime réel ne paient aucun impôt sur leurs revenus locatifs pendant 10 à 20 ans, de façon parfaitement légale.
Le régime du réel en LMNP implique de déposer une liasse fiscale (formulaires 2031 et 2033) et de tenir une comptabilité. C'est une contrainte, mais le gain fiscal est sans commune mesure avec le micro-BIC pour la plupart des propriétaires.
Les revenus SCPI européennes : une case souvent mal renseignée
Les revenus de SCPI françaises sont des revenus fonciers classiques, imposés à votre TMI (Tranche Marginale d’Imposition) + 17,2 % de prélèvements sociaux. Mais les SCPI investies en Europe bénéficient d'un traitement fiscal différent : leurs revenus étrangers sont en principe neutralisés par un crédit d'impôt égal à l'impôt français, ce qui évite la double imposition. Ces revenus doivent néanmoins être déclarés dans les cases spécifiques aux revenus étrangers — et c'est là que les erreurs se glissent.
L'attestation fiscale de la société de gestion précise la ventilation à appliquer.
Les leviers universels — valables quel que soit votre statut
Le PER : le plafond non consommé est reportable — et l'âge compte désormais
Les versements volontaires sur un Plan d'Épargne Retraite sont déductibles du revenu imposable dans la limite de votre disponible fiscal. Ce que beaucoup ignorent : le plafond non utilisé des trois années précédentes est reportable et cumulable. Votre avis d'imposition mentionne le montant disponible restant. Plus votre tranche marginale d'imposition est élevée, plus la déduction est puissante — un versement de 5 000 € à 41 % de TMI, c'est 2 050 € d'impôt économisé.
Évolution importante à compter de 2026 : le PLF 2026 introduit une limite d'âge qui n'existait pas jusqu'ici. Les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Ils restent possibles, mais la logique change : aucun avantage fiscal à l'entrée, et en cas de sortie en capital, seuls les gains sont fiscalisés au PFU (31,4 % en 2026). En cas de sortie en rente, une fiscalité allégée s'applique selon l'âge de l'épargnant. Cette évolution renforce l'importance d'anticiper les versements avant cet âge pivot — et de ne pas reporter inutilement des versements déductibles si vous approchez de cette limite.
Les dons aux associations — les reçus fiscaux dorment dans les tiroirs
Réduction d'impôt de 66 % pour les associations loi 1901, et de 75 % pour les organismes d'aide aux personnes en difficulté (dans la limite de 1 000 €). Beaucoup de contribuables font des dons réguliers mais ne les déclarent jamais, faute d'avoir conservé le reçu fiscal. Ces reçus sont systématiquement envoyés par les associations — vérifiez vos emails et vos courriers du début d'année.
L'emploi à domicile — souvent déclaré partiellement
Crédit d'impôt de 50 % sur les dépenses d'emploi à domicile : ménage, garde d'enfants, soutien scolaire, jardinage, assistance aux personnes âgées. Le plafond est de 12 000 € par an, majoré selon la situation (enfants à charge, personne en situation de handicap). C'est un crédit d'impôt — pas une réduction — ce qui signifie qu'il est remboursable même si vous n'êtes pas imposable. Souvent déclaré partiellement ou pas du tout.
Les situations de vie à signaler
Mariage, PACS, divorce, naissance, décès dans le foyer, déménagement, premier emploi, fin d'activité : chacun de ces événements modifie les règles applicables à votre foyer fiscal. Ne déclarez pas "à l'identique" de l'année précédente sans vérifier ces points.
Les documents à rassembler avant de commencer
C'est l'étape que l'on bâcle — et qui génère ensuite des erreurs ou des oublis :
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Les Imprimés Fiscaux Uniques (IFU) émis par chaque établissement bancaire ou assureur récapitulent dividendes, intérêts, plus-values et abattements applicables. Ils arrivent parfois fin mars — vérifiez que vous les avez tous avant de valider votre déclaration. Un IFU manquant, c'est un risque de redressement.
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Les attestations fiscales de vos placements retraite (Plan Epargne Retraite etc.) indiquent les versements déductibles effectués dans l'année. Ne les confondez pas avec vos relevés de compte — ce sont des documents distincts, émis spécifiquement pour la déclaration.
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Les attestations de vos parts de SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) récapitulent les revenus fonciers à déclarer, les éventuels revenus étrangers, et les données nécessaires au calcul des prélèvements sociaux. Chaque société de gestion les envoie à des dates différentes — parfois très tardivement.
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Les justificatifs de charges déductibles : reçus fiscaux de dons, factures d'emploi à domicile (ou attestation CESU), factures de travaux si vous êtes bailleur avec une déclaration au réel.

Ce qui change en 2026 — à ne pas rater
Le PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) passe à 31,4 %
Depuis le 1er janvier 2026, le Prélèvement Forfaitaire Unique sur les dividendes, intérêts et plus-values mobilières est relevé à 31,4 % (12,8 % d’Impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 17,2 % auparavant). Si vous détenez des actions en compte-titres ordinaire, gains issus de l’épargne salariale, ou percevez des dividendes, ce changement vous concerne directement.
Les loueurs en meublé non professionnels (LMNP) sont également soumis à cette hausse, (comme tous les BIC, BNC ou BA lorsqu’ils n’ont pas été assujettis à la CSG et à la CRDS au titre des revenus professionnels). L'assurance-vie conserve quant à elle le taux de 17,2 % de prélèvements sociaux — et reste donc à 30 % de taux global PFU. C'est l'un des rares placements à ne pas avoir subi cette hausse.
La borne de recharge électrique : dernière chance
Le crédit d'impôt pour l'installation d'une borne de recharge à domicile est égal à 75 % des dépenses, dans la limite de 500 € par système de charge pilotable. Il s'applique aux dépenses payées jusqu'au 31 décembre 2025 et ne sera pas renouvelé — cette déclaration est donc la dernière fenêtre.
Quelques points clés à vérifier : la date retenue est celle du paiement, pas celle de la pose (une borne payée en décembre 2025 mais installée en 2026 reste éligible) ; le crédit s'applique aussi bien pour la résidence principale que secondaire ; et la borne doit être pilotable à distance, installée par un professionnel certifié IRVE (la certification qui qualifie les installateurs de bornes de recharge). Une simple prise renforcée n'est pas éligible. Cases à renseigner : 7ZQ à 7ZT selon le type de résidence.

Chaque année, c'est la même histoire. L'ouverture du service de déclaration en ligne déclenche une vague de stress : peur d'oublier quelque chose, souvenir d'une case mal renseignée l'année précédente, doute sur le traitement d'un placement ou d'une dépense. Et pour cause — le formulaire est long, les règles évoluent, et personne ne vous envoie de rappel pour les optimisations auxquelles vous avez droit.
Cet article concerne tout le monde : salarié, indépendant, propriétaire bailleur. Il reprend les changements de l'année, les erreurs les plus fréquentes, et les leviers que la grande majorité des contribuables oublient par manque de connaissance !

Coralie LATRUBESSE — Conseillère en gestion de patrimoine



