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19 MAI 2026

Déclaration d'impôts 2026 : le guide complet pour les TNS et professions libérales

Étape 2 — Les charges déductibles en régime réel

Les cotisations sociales obligatoires

En régime réel, toutes vos cotisations sociales obligatoires versées dans l'année sont déductibles de votre bénéfice imposable au titre de l'article 154 bis du CGI : cotisations URSSAF, cotisations retraite obligatoires auprès de votre caisse professionnelle (CARMF, CARPIMKO, CAVAMAC, CIPAV…), cotisations invalidité-décès. Vérifiez que vous avez bien intégré toutes les cotisations effectivement réglées sur l'exercice — y compris les régularisations de l'année précédente payées en cours d'année.

Les cotisations Madelin et PER — le levier le plus puissant pour un TNS

C'est ici que la différence est la plus significative par rapport à un salarié.

Les cotisations versées sur un contrat de prévoyance, de mutuelle ou de retraite de type Madelin sont déductibles du bénéfice professionnel en application de l'article 154 bis du CGI. Depuis la loi PACTE de 2019, cet article a été étendu aux versements effectués sur un PER individuel (plan d'épargne retraite mentionné aux articles L. 224-13 et L. 224-28 du code monétaire et financier) : le TNS qui choisit de déduire ses versements PER de son revenu catégoriel plutôt que de son revenu global relève donc du même article 154 bis — et non de l'article 163 quatervicies réservé à la déduction sur le revenu global.

Le plafond TNS est calculé sur le bénéfice de l'année en cours (et non N-1 comme pour les salariés), avec le PASS de l'année N. Pour 2026 (PASS = 48 060 €), le plafond de déduction retraite TNS au titre de l'article 154 bis s'élève au maximum à 88 911 € — soit 10 % du bénéfice imposable dans la limite de 8 PASS, majoré de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. C'est très largement supérieur au plafond salarié, et très souvent sous-utilisé.

En complément, les TNS peuvent également effectuer des versements volontaires déductibles du revenu global au titre de l'article 163 quatervicies du CGI — le même que les salariés — dans la limite de leur disponible fiscal affiché sur l'avis d'imposition. Les deux plafonds (154 bis et 163 quatervicies) peuvent se combiner, mais un même versement ne peut pas être déduit deux fois.

Nouveauté 2026 : comme pour les salariés, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable, qu'il s'agisse du plafond TNS (art. 154 bis) ou du plafond universel (art. 163 quatervicies). Si vous approchez de cet âge, anticipez vos versements, ou orientez-vous vers d’autres alternatives.

Les autres charges déductibles en régime réel

Loyer du cabinet ou quote-part de charges domiciliataires, matériel professionnel (amortissable), abonnements et documentation professionnelle, frais de déplacement et de repas justifiés, téléphone et internet à usage professionnel, cotisations ordinales — toutes ces charges sont déductibles du bénéfice imposable sous réserve de justificatifs. Une revue annuelle des charges avec votre expert-comptable permet souvent d'identifier des oublis récurrents.

LA CONCLUSION ?

La déclaration d'un TNS est rarement une formalité. Le régime, les cotisations déductibles, les plafonds d'épargne retraite — chaque point peut avoir un impact significatif sur la base imposable finale. Et contrairement au salarié, il n'y a pas de pré-remplissage pour vous guider.

Si vous avez un doute sur l'un de ces points ou si votre situation a évolué cette année, nous sommes disponibles pour en parler.

Rendez-vous avec des conseiller en gestion de patrimoine pour parler des changements liés à la famille dans sa déclaration d'impot

Les erreurs les plus fréquentes chez les TNS

Rester en micro alors que le réel serait plus avantageux.

L'abattement forfaitaire est très simple mais dès que les charges réelles dépassent le taux d'abattement, le réel s'impose.

Ne pas utiliser le plafond TNS de l'article 154 bis.

C'est le levier de déduction le plus puissant dont dispose un indépendant, et il est régulièrement sous-exploité — soit par méconnaissance, soit parce que le calcul n'a jamais été fait précisément.

Confondre cotisations Madelin déduites du bénéfice et PER déduit du revenu global.

Les deux dispositifs se coordonnent mais ne se cumulent pas sur un même versement. Un versement déduit via l'article 154 bis vient réduire le disponible au titre de l'article 163 quatervicies.

Oublier les régularisations URSSAF

Les appels provisionnels et les régularisations de cotisations sociales de l'année N-1 versés en cours d'année N sont déductibles de l'exercice N — pas N-1. Beaucoup de TNS ne font pas ce suivi.

Mal renseigner la 2042-C-PRO

Un report du bénéfice dans la mauvaise case — notamment confondre BIC professionnel et BIC non professionnel, ou reporter des revenus BNC en traitements et salaires — entraîne des erreurs de calcul que l'administration ne corrige pas automatiquement.

Étape 3 — La déclaration des revenus professionnels

La 2042-C-PRO — à ne pas confondre avec la 2042 principale

Les revenus professionnels des TNS ne s'inscrivent pas dans la déclaration principale 2042 mais dans son annexe, la 2042-C-PRO — le formulaire dédié à l'ensemble des revenus non salariés : BNC (professions libérales, auto-entrepreneurs), BIC (commerçants, artisans, LMNP) et BA (agriculteurs). Si vous avez simultanément des revenus salariés et des revenus professionnels non salariés, vous devez compléter les deux formulaires. C'est souvent là que les erreurs de report arrivent.

Vérifiez la cohérence entre votre liasse fiscale (si vous êtes au réel), votre relevé URSSAF, et les montants reportés en déclaration. En cas de divergence, c'est la déclaration qui fait foi auprès de l'administration — et c'est vous qui en assumez la responsabilité.

Cotisations sociales TNS et revenu fiscal de référence

Les cotisations sociales TNS déductibles viennent en diminution du bénéfice imposable. Mais certaines cotisations — notamment les cotisations de retraite complémentaire au-delà de certains plafonds — peuvent ne pas être intégralement déductibles. Vérifiez ce point avec votre expert-comptable pour éviter de sur-déduire.

Étape 4 — Les réductions et crédits d'impôt accessibles

Les TNS bénéficient des mêmes dispositifs que les salariés sur les réductions et crédits d'impôt liés à la vie personnelle et familiale.

Emploi à domicile

Crédit d'impôt de 50 % sur les dépenses d'emploi à domicile au titre de l'article 199 sexdecies du CGI : ménage, garde d'enfants, soutien scolaire, jardinage, assistance aux personnes âgées. Plafond de 12 000 €/an, majoré selon la situation. Remboursable même en l'absence d'impôt dû.

Dons aux associations

Réduction d'impôt de 66 % pour les associations loi 1901, 75 % pour les organismes d'aide aux personnes en difficulté (dans la limite de 1 000 €), au titre de l'article 200 du CGI. Pensez à conserver vos reçus fiscaux.

Étape 5 — La situation familiale

Enfant majeur : rattachement ou pension alimentaire ?

Si votre enfant majeur est étudiant, l'arbitrage entre rattachement au foyer fiscal et déduction d'une pension alimentaire justifiable  (jusqu'à 6 855 €/an pour un enfant célibataire) au titre de l'article 156-II-2° du CGI mérite d'être revérifié chaque année. Pour un TNS dont le bénéfice est variable, ce calcul change d'un exercice à l'autre.

Pension alimentaire versée à vos parents

Déductible du revenu global sans plafond au titre de l'article 156-II-2° du CGI, à condition que le montant soit justifié par les besoins réels de l'ascendant.

Hébergement d'un ascendant à votre domicile

Déduction forfaitaire de 4 075 €/an possible sans justificatif au titre de l'article 156-II-2° du CGI, ou montant réel s’il est supérieur et justifié.

Echanges de conseillers fiscaux sur la séclaration des revenus professionnels de 2026

Étape 1 — Vérifier votre régime d'imposition

Micro ou régime réel : êtes-vous dans la bonne case ?

En micro-BNC (professions libérales), un abattement forfaitaire de 34 % s'applique automatiquement sur vos recettes, dès lors que votre chiffre d'affaires ne dépasse pas 77 700 € au titre de l'article 102 ter du CGI. Cependant, si vos charges réelles dépassent 34 % de vos recettes, le régime réel est plus avantageux. Réaliser ce comparatif est souvent négligé.

En micro-BIC (commerçants, artisans), l'abattement forfaitaire est de 50 % pour les prestations de services et de 71 % pour les activités de vente, dans les limites de seuils fixés par l'article 50-0 du CGI. Même raisonnement : si vos charges réelles sont supérieures à l'abattement, le régime réel est un choix judicieux.

Attention

en micro, vous ne pouvez déduire aucune charge réelle, aucune cotisation Madelin, aucun amortissement. L'abattement est censé tout couvrir. Pour beaucoup de professionnels libéraux dont les charges sont significatives — cotisations sociales, loyer de cabinet, matériel — le régime réel est systématiquement plus favorable.

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La déclaration des revenus est rarement une formalité quand on est indépendant. Contrairement au salarié dont les revenus arrivent pré-remplis, le TNS doit reconstituer lui-même sa base imposable, choisir son régime, vérifier ses cotisations déductibles, et s'assurer qu'il n'a pas laissé passer des optimisations auxquelles il a droit. Et ces optimisations sont souvent bien plus importantes que pour un salarié — à condition de les connaître.

Ce guide passe en revue les points essentiels à vérifier avant de valider votre déclaration, selon votre régime et votre statut.

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Coralie LATRUBESSE — Conseillère en gestion de patrimoine

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