

12 MAI 2026
Déclaration d'impôts 2026 : le guide complet pour les salariés et cadres
RETROUVEZ ÉGALEMENT NOS 2 AUTRES ARTICLES DE LA SÉRIE
LA CONCLUSION ?
Les salariés ont souvent l'impression que leur déclaration se fait "toute seule" grâce au pré-remplissage. C’est en partie vrai pour les revenus — mais pas pour les optimisations. Frais réels, épargne salariale, situation familiale : ces points ne se renseignent pas automatiquement et c'est à vous de les déclarer.
Si vous avez un doute sur l'un de ces points ou si votre situation a évolué cette année, nous sommes disponibles pour en parler !

La situation familiale — des arbitrages à refaire chaque année
Enfant majeur : rattachement ou pension alimentaire ?
Si votre enfant majeur est étudiant, deux options s'offrent à vous : le rattacher à votre foyer fiscal (demi-part supplémentaire) ou déduire une pension alimentaire versée (jusqu'à 6 855 €/an pour un enfant célibataire — à condition qu’elle soit réellement justifiable) au titre de l'article 156-II-2° du CGI. Ces deux options ne sont pas équivalentes selon votre Tranche Marginale d’Imposition (TMI) et la composition de votre foyer. Ce calcul mérite d'être vérifié chaque année — il est rarement fait.
Pension alimentaire versée à vos parents
Si vous versez une aide financière régulière à vos parents dans le besoin, cette pension est déductible de votre revenu global sans plafond en application de l'article 156-II-2° du CGI, à condition que le montant soit justifié par leurs besoins réels. C'est une déduction pratiquement jamais déclarée.
Hébergement d'un ascendant à votre domicile
Si vous hébergez un parent chez vous, une déduction forfaitaire de 4 075 €/an est possible sans justificatif, ou le montant réel des dépenses engagées si elles sont supérieures et justifiées.
Les réductions et crédits d'impôt à ne pas oublier
L'emploi à domicile
Crédit d'impôt de 50 % sur les dépenses d'emploi à domicile prévu par l'article 199 sexdecies du CGI : ménage, garde d'enfants, soutien scolaire, jardinage, assistance aux personnes âgées. Plafond de 12 000 €/an, majoré selon la situation (enfants à charge, personne handicapée). C'est un crédit d'impôt — pas une réduction — il est donc remboursable même si vous n'êtes pas imposable. Souvent déclaré partiellement ou pas du tout.
Les dons aux associations
Réduction d'impôt de 66 % pour les associations loi 1901, et de 75 % pour les organismes d'aide aux personnes en difficulté (dans la limite de 1 000 €), en application de l'article 200 du CGI. Les reçus fiscaux sont envoyés chaque année par les associations — vérifiez vos emails et votre courrier de début d'année avant de déclarer.
Le PER — le plafond non consommé est reportable
Les versements volontaires sur un Plan Epargne Retraite sont déductibles du revenu imposable dans la limite de votre disponible fiscal en application de l'article 163 quatervicies du CGI. Le plafond non utilisé des trois années précédentes est reportable et cumulable — votre dernier avis d'imposition le mentionne. Plus votre Tranche Marginale d’Imposition (TMI) est élevée, plus la déduction est efficace. Les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Ils restent possibles, mais sans avantage fiscal à l'entrée. Si vous approchez de cet âge, nous vous conseillons d'anticiper vos versements.
Frais réels ou abattement forfaitaire : avez-vous fait le calcul ?
L'abattement forfaitaire de 10 % est appliqué automatiquement sur vos salaires. Seulement, si vos frais professionnels réels dépassent ce montant, l'option pour les frais réels peut être nettement plus avantageuse. Elle est rarement calculée — et pourtant c'est souvent là que se trouve le gain le plus immédiat.
Déplacements domicile-travail
Le barème kilométrique fiscal s'applique sur le nombre de jours travaillés × aller-retour × distance. Les péages et parkings sont déductibles en sus du barème. À noter : le kilométrage est plafonné à 40 km par trajet journalier (80 km aller-retour) ; au-delà, des circonstances particulières doivent être justifiées.
Frais de repas
Si vous ne pouvez pas déjeuner à votre domicile du fait de vos horaires ou de l'éloignement de votre domicile, la différence entre le coût réel du repas et le forfait fiscal de 5,45 € est déductible au titre de l'article 83 du CGI. Sans restauration collective à proximité — avec justificatifs : la déduction est égale à la différence entre le prix du repas payé et 5,45 €. Sans justificatif détaillé : la déduction est forfaitairement fixée à 5,45€. Avec restauration collective : la déduction est égale à la différence entre le prix payé à la cantine et 5,45 €, sous réserve de justificatifs.
Si vous bénéficiez de tickets-restaurant, la part prise en charge par l'employeur doit être soustraite du montant déduit.
Télétravail
Vous avez la possibilité d’opter pour le forfait de 2,70 €/jour (plafonné à 626,40 €/an), ou les frais réels — quote-part du loyer, électricité, internet, amortissement du matériel informatique et du mobilier de bureau. Pour un locataire résidant dans une grande ville avec plusieurs jours de télétravail par semaine, les frais réels sont souvent bien supérieurs au forfait. Les deux options ne se cumulent pas : il faut arbitrer
Autres frais professionnels souvent oubliés
Documentation professionnelle, formations non prises en charge par l'employeur, vêtements à usage strictement professionnel, quote-part du téléphone personnel utilisé à des fins professionnelles — tous déductibles au titre de l'article 83 du CGI, avec justificatifs.

Les revenus à vérifier avant de valider
Le salaire net imposable
L'attestation fiscale de votre employeur — ou le dernier bulletin de paie du mois de décembre — récapitule votre salaire net imposable de l'année. Si vous avez changé d'employeur dans l'année, vous devez disposer d'un justificatif par employeur. De plus, si vous avez perçu des indemnités par France Travail ou des indemnités journalières au cours de l'année, n’oubliez pas de vérifier les montants.
Vérifiez que les montants pré-remplis correspondent à vos documents — les erreurs de saisie arrivent, et c'est vous qui en êtes responsable une fois la déclaration validée.
Les heures supplémentaires et complémentaires
Elles sont exonérées d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 €/an en application de l'article 81 quater du CGI. Si vous avez effectué un volume important d'heures supplémentaires, vérifiez que la fraction éventuellement imposable — au-delà de ce plafond — est bien mentionnée sur votre attestation fiscale et correctement déclarée.
L'épargne salariale — des exonérations que l'on abandonne par méconnaissance
Les sommes issues de la participation ou de l'intéressement placées sur un Plan Epargne Entreprise (PEE) sont totalement exonérées d’impôt sur le revenu. Le réflexe est souvent de percevoir ces primes sans savoir qu’elles seraient exonérées — si elles étaient investies et immobilisées durant 5 ans.
Depuis la loi n°2022-1158 du 16 août 2022, tout salarié peut demander à son employeur de racheter ses jours de RTT acquis depuis le 1er janvier 2022. Le dispositif, initialement prévu jusqu'en 2025, a été prolongé d'un an par la loi de finances pour 2025. Les sommes versées bénéficient du même régime fiscal que les heures supplémentaires : (Exonération d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € par an.
Les jours de repos non pris — ou les droits inscrits sur un Compte Épargne-Temps — peuvent être versés directement sur un PERECO (Plan d'Épargne Retraite d'Entreprise Collectif). Ces sommes sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 10 jours par an (article 81, 18°-b bis du CGI).
Un point souvent négligé : les versements volontaires effectués sur un PERE-CO sont déductibles du revenu imposable, au même titre que les versements sur un PER individuel, dans le cadre des plafonds prévus par l'article 163 quatervicies du CGI. Ces versements sont à reporter en cases 6NS/6NT/6NU de la déclaration. Concrètement, si vous disposez d'un plan d'épargne retraite collectif via votre employeur et que vous y effectuez des versements volontaires au-delà de la participation employeur, ces sommes sont déductibles — et c'est un levier que la quasi-totalité des salariés concernés n'utilisent pas.

La déclaration des revenus perçus en 2025 est ouverte. Pour beaucoup de salariés, la tentation est de valider rapidement — les cases sont pré-remplies, les salaires sont là, et ça a l'air simple. Sauf que le pré-remplissage ne couvre que les revenus. Tout ce que vous pouvez déduire ou récupérer, c'est à vous de le renseigner. Et c'est souvent là que se jouent plusieurs centaines, voire quelques milliers d'euros.
Ce guide passe en revue les points à vérifier avant de valider.

Coralie LATRUBESSE — Conseillère en gestion de patrimoine



